Casse du siècle au Louvre : la Galerie d’Apollon rouvre, mais ses joyaux ont disparu

Casse du siècle au Louvre : la Galerie d'Apollon rouvre, mais ses joyaux ont disparu
Neuf mois après un vol spectaculaire, la Galerie d'Apollon du Louvre rouvre sans ses joyaux. Les visiteurs découvrent un espace revisité, où l'absence des bijoux met en valeur le décor monumental.

Neuf mois après l’un des vols les plus spectaculaires de l’histoire récente des musées, la Galerie d’Apollon a rouvert ses portes. Depuis le 22 juillet 2026, les visiteurs traversent de nouveau cette salle légendaire du Louvre, mais sans bijoux ni vitrines. Le musée lui a rendu sa fonction de galerie d’apparat du XVIIe siècle, tandis que les huit joyaux emportés restent introuvables.

Vol au Louvre : quatre minutes au cœur du musée

Le dimanche 19 octobre 2025, vers 9 h 30, un commando de quatre personnes atteint la galerie depuis le quai de Seine à l’aide d’un camion-nacelle. Deux individus forcent une fenêtre, découpent deux vitrines de haute sécurité et prennent les bijoux. Selon la ministre de la Culture, l’opération dure environ quatre minutes. Les alarmes se déclenchent, les agents appliquent le protocole de protection du public et personne n’est blessé.

Huit objets sont emportés : le diadème, le collier et une boucle d’oreille de la parure de saphirs de Marie-Amélie et Hortense, le collier et les boucles d’oreilles en émeraudes de Marie-Louise, une broche reliquaire, le diadème de l’impératrice Eugénie et son grand nœud de corsage. La couronne d’Eugénie, également arrachée, est abandonnée pendant la fuite et retrouvée endommagée.

Le Louvre estime le préjudice à 88 millions d’euros, mais la valeur patrimoniale de ces pièces est impossible à remplacer par un simple chiffre. Elles ont été enregistrées dans la base internationale des œuvres d’art volées d’INTERPOL. En septembre 2026, près d’un an après le cambriolage, les huit bijoux emportés demeurent introuvables.

Un détail souvent mal raconté mérite d’être précisé. Les huit joyaux historiques préservés lors de la vente des Diamants de la Couronne en 1887 ont échappé au vol. Les cambrioleurs ont ciblé des parures royales et impériales du XIXe siècle. Affirmer que tous les diamants de la Couronne ont disparu est donc inexact.

Pourquoi la Galerie d’Apollon a rouvert sans vitrines

Après le cambriolage, la salle 705 est restée fermée pendant neuf mois. Pour sa réouverture du 22 juillet 2026, le Louvre a retiré les collections et objets précieux qui y étaient encore présentés. Les vitrines ont disparu du parcours et les œuvres épargnées ne sont plus exposées dans cette salle.

Ce choix modifie radicalement l’expérience. Avant le vol, les visiteurs venaient admirer des gemmes royales, des laques de Marie-Antoinette et des joyaux impériaux. Aujourd’hui, l’absence des bijoux devient elle-même visible. Le lieu n’est pourtant pas vide : son plafond, ses stucs dorés, ses peintures et ses tapisseries composent une œuvre monumentale.

La réouverture ne signifie pas que l’affaire est terminée. Plusieurs suspects ont été mis en examen, mais l’emplacement des bijoux reste inconnu. Le Louvre ne communique pas sur les détails de l’enquête judiciaire en cours.

Ce que les visiteurs voient désormais dans la galerie

La Galerie d’Apollon mesure 61,34 mètres de long, atteint 15 mètres sous plafond et couvre environ 600 mètres carrés. Elle fut reconstruite après l’incendie de la Petite Galerie en 1661. Louis Le Vau dirigea l’architecture, tandis que Charles Le Brun imagina un décor consacré à Apollon, dieu du Soleil et figure symbolique de Louis XIV.

Le chantier s’interrompit en 1671 lorsque Louis XIV installa la cour à Versailles. La galerie resta inachevée pendant des décennies, puis fut enrichie par plusieurs générations d’artistes. Au XIXe siècle, Félix Duban dirigea sa restauration et Eugène Delacroix peignit le compartiment central représentant Apollon vainqueur du serpent Python.

L’ensemble servit de modèle à la galerie des Glaces de Versailles. Sans les vitrines, les lignes architecturales et la voûte sont désormais plus faciles à observer. Le vol a donc produit un paradoxe troublant : il a privé la salle de ses objets les plus précieux, mais a replacé son décor au centre de la visite.

Comment visiter la Galerie d’Apollon en 2026

La galerie se trouve dans l’aile Denon, au premier étage, salle 705. Elle relie la rotonde d’Apollon au Salon Carré, puis ouvre sur la Grande Galerie. Aucun billet spécifique n’est nécessaire : l’accès est inclus dans l’entrée générale du Louvre. Elle figure au programme d’ouverture d’octobre 2026, mais une fermeture technique ou climatique reste possible. Consultez le calendrier officiel le jour de la visite.

Le site indépendant Louvre Tickets Guide permet de comparer les billets d’entrée, les visites guidées et les services proposés par des prestataires tiers. Avant de réserver, vérifiez le prix total, l’inclusion de l’entrée au musée, le point de rendez-vous, la langue et les conditions d’annulation. Un créneau horodaté ne dispense jamais du contrôle de sécurité.

La Galerie d’Apollon n’est plus la salle que les visiteurs connaissaient avant octobre 2025. Elle est devenue à la fois un chef-d’œuvre architectural, une scène de crime historique et le symbole d’un patrimoine absent. Tant que les bijoux ne seront pas retrouvés, chaque passage sous sa voûte dorée rappellera qu’au Louvre, l’histoire ne se limite pas aux œuvres exposées : elle continue parfois de s’écrire sous les yeux du public.