En Corée du Sud, la détention prolongée d’un responsable religieux de 95 ans questionne les principes démocratiques

En Corée du Sud, la détention prolongée d'un responsable religieux de 95 ans questionne les principes démocratiques
En Corée du Sud, la détention de Lee Man-hee, un responsable religieux de 95 ans, interroge les principes démocratiques. Accusé sans violence, son incarcération soulève des questions sur la dignité et les droits humains.

Séoul, le 22 juillet 2026Depuis le 24 juin, Lee Man-hee, 95 ans est détenu en Corée du Sud dans l’attente de son procès pour des faits présumés liés à la législation sur les partis politiques. Aucune infraction violente ne lui est reprochée. Shincheonji conteste ces accusations, affirmant avoir pleinement coopéré avec la justice et que ses membres ont agi de leur propre initiative.

malgré l’absence de condamnation, son âge avancé et sa santé fragile, l’intéressé reste incarcéré. Plusieurs observateurs estiment que cette détention tient davantage à son influence de dirigeant religieux qu’à la gravité réelle des faits reprochés.

Une inquiétude au-delà des frontières coréennes

L’affaire pose une question de fond : détenir un homme de 95 ans, non violent et coopératif, respecte-t-il les exigences de nécessité, de proportionnalité et de dignité énoncées par les Règles Mandela de l’ONU ? Plusieurs spécialistes de la liberté religieuse appellent à un réexamen à la lumière des engagements internationaux de la Corée du Sud.

Le sociologue italien Massimo Introvigne s’est dit préoccupé après que le ministre sud-coréen de la Justice a réclamé, dès l’ouverture du dossier, une “sanction pénale stricte”. Il y voit un risque que le verdict soit déjà déterminé, fragilisant la confiance dans l’indépendance judiciaire et la crédibilité démocratique du pays.

Un contexte de tensions plus larges

Cette procédure s’inscrit dans des tensions durables entourant Shincheonji, église en expansion mais confrontée à une forte opposition en Corée du Sud. Ses responsables dénoncent une stigmatisation persistante des minorités religieuses.

Au-delà de la culpabilité de Lee Man-hee, c’est le traitement réservé par un État démocratique à un prévenu âgé issu d’une minorité religieuse qui retient l’attention internationale, évoquant : présomption d’innocence, indépendance judiciaire, proportionnalité et liberté religieuse.

Shincheonji appelle organisations de défense des droits humains, juristes et médias à suivre attentivement cette procédure.